Comité – son histoire

L’Histoire du Comité Scolaire de l’École Communale de Bas-Oha (1949 – à nos jours)

Dans la liesse de la fin de la Seconde Guerre mondiale, marquée par le retour au foyer des derniers soldats prisonniers, de petits comités de quartier se forment pour organiser des fêtes locales. On festoie alors à Oha, à Lamalle, à Java, au cercle Saint-Lambert et à la Maison du Peuple.

En 1947, sous le mayorat d’Eugène Fourneau, l’Échevin de l’instruction publique Georges Danze a l’idée lumineuse de créer, lui aussi, un comité de volontaires dont les bénéfices iraient directement aux enfants de l’école communale. Il soumet l’idée à Mademoiselle Jenny Foret, alors institutrice en chef provisoire, qui l’accepte avec enthousiasme.

C’est au début du mois d’août 1949 que se tient la première réunion à l’école. Huit volontaires fondateurs répondent à l’appel : Georges Danze (Échevin de l’instruction), Jenny Foret (Institutrice), Fernand Cop (Instituteur intérim), Albert Hella (Échevin des travaux), Paul Froidbise (Magasinier aux sucreries de Wanze), Gaston Lessuisse (Imprimeur), Maurice Lerson et Oscar Denis. À l’unanimité, ils baptisent l’association « Comité des Œuvres Scolaires ». Leur but : récolter des fonds, par tous les moyens légaux, pour offrir aux enfants une magnifique Saint-Nicolas et, si possible, une excursion didactique.

Il faut s’imaginer ce comité à ses débuts : aucun fonds, pas de loges foraines, pas d’éclairage, pas de local, mais une farouche volonté d’aboutir ! La première opération lancée est une tombola (avec un appareil électroménager comme gros lot). Les billets sont vendus partout dans le village par les élèves de 4ème, 5ème et 6ème années. Le tirage est fixé au lundi de la Pentecôte 1950, date qui restera à jamais celle de la fête des écoles de Bas-Oha.

Pour cette première édition, le samedi soir, la classe des filles située à l’étage est déménagée. Les tableaux et les murs sont camouflés de papier gris pour y organiser un grand bal gratuit avec orchestre. Le succès est tel que la foule s’amasse jusque dans les escaliers. Dans la cour, les jeux populaires attirent les curieux : on coupe la tête au coq, on court en sac, on court avec un œuf dans une cuillère en bouche, on cherche une pièce de 20 francs jetée dans une bassine de plumes, ou encore, les mains liées dans le dos, on mord dans un petit pain au sirop suspendu à un fil. Le vainqueur de ces jeux, dont le droit de participation est modique, remporte une bouteille de cidre… qui coûte d’ailleurs moins cher que la mise !

Le premier revers survient à l’automne 1950. Mademoiselle Foret, tout juste nommée institutrice en chef en août, quitte ses fonctions en octobre pour rejoindre son village d’Antheit. Monsieur Cop, qui assurait l’intérim et espérait la place, voit le poste lui échapper au profit de Monsieur Roger Taverniers, un natif du village qui enseignait alors aux enfants de militaires en Allemagne (et qui bénéficia du vote décisif d’un conseiller communal, ancien camarade de classe). Déçu, Monsieur Cop démissionne du comité. Toutefois, Monsieur Taverniers, d’une correction exemplaire, est très vite apprécié. Il demande son admission au comité et en devient un très fervent promoteur.

Le matériel s’étoffe peu à peu. Le comité construit trois loges foraines en bois (friterie, tir, buvette) et achète des carabines à air, ainsi que des marmites. Tout ce matériel est alors stocké dans le grand vestibule entre les deux classes (qui sert d’ailleurs encore de cuisine aujourd’hui). Une brasserie fournit 40 tables et 160 chaises métalliques. Ce matériel est si précieux qu’une des loges est souvent prêtée au comité des prisonniers de guerre du village pour leur jeu des enveloppes.

La première Saint-Nicolas est distribuée début décembre 1950, à nouveau dans la classe des filles vidée de son mobilier.

Le comité prend une place centrale dans le village, soutenu par une solidarité remarquable. Le principe d’acheter localement porte ses fruits : l’entrepreneur Auguste Muselle met son camion gratuitement à disposition ; le boucher René Leduc fournit la graisse à frire et les cervelas ; Armand Derclaye offre les bonbonnes de gaz et le fermier Léon Verlée donne les pommes de terre. Des mamans s’investissent corps et âme, à l’image de Madame Julie Perpignien (qui passait chaque fête de Pentecôte à la friterie) et de Madame Félicie Collée.

En 1953, l’administration communale rachète le Château à l’Horloge pour y installer ses bureaux. La classe des filles et les archives y sont transférées, libérant l’étage de l’école. L’Échevin des travaux, Monsieur Hella, a alors l’idée d’abattre les cloisons pour en faire une grande salle des fêtes. Mais Georges Danze (président du comité) refuse de prendre la responsabilité d’une salle jugée dangereuse (escalier en bois ouvert, pas de sortie de secours). Face à ce désaccord, le fondateur historique du comité remet sa démission.

L’école, réputée pour ses excellents résultats à l’examen cantonal, voit sa population croître. Le comité s’agrandit lui aussi avec des noms qui « sentent le terroir » : Camille Content, Omer et Bernard Kerckhofs, Luc Rinchard, Alphonse Boes, Hubert Jamart, Gustave Goffin, Hubert Leclère, Pierrot Spillebeen, Jean-Jacques Bolly, ou encore Désiré Bovy. Les loges en bois sont remplacées par des structures métalliques (qui existent encore), un bar avec évacuation des eaux est construit dans la salle.

Les festivités se multiplient : le fameux « jeu de la souris blanche » tenu par Madame Mossoux fait un tabac, des courses cyclistes, de caisses à savon, de karting et même à dos d’âne sont organisées. On crée même une redoutable équipe de football féminine, « Les chars d’assauts », qui va jouer hors du village. Le comité finance même le tout premier ramassage scolaire en payant un particulier pour transporter les enfants de Java, avant qu’un petit car (Monsieur Dubois) ne prenne le relais.

Cependant, sous le mayorat de Monsieur David, une inspection de sécurité est exigée pour la salle de l’étage. Le verdict tombe : risque d’effondrement. L’administration interdit tout rassemblement. Loin de se décourager, le comité loue une guinguette et l’installe dans la prairie de l’école.

Vient ensuite la fusion des communes. Le nombre d’élèves explosant, de nouvelles classes sont construites sur la prairie. L’ancienne salle de l’étage est définitivement vidée de son matériel (elle fera le bonheur du club de tennis de table) et le comité plante désormais son chapiteau sur le terre-plein face au cimetière, dans la prairie Verlée. À cette même époque, la nouvelle administration de Wanze suggère de renommer l’association en « Association des anciens élèves ». Refus catégorique : par respect pour ses fondateurs, le nom restera « Comité des Œuvres Scolaires de l’école fondamentale de Bas-Oha ».

Lors de la saison 1998-1999, Paul Laby exprime le souhait de quitter la présidence après 11 ans de service. Deux nouveaux membres viennent d’arriver : Patrick Stienon et Bernard Evrard. Ce dernier raconte qu’après avoir dû quitter la réunion avant la fin, il est accueilli le lendemain matin à l’école par des membres qui l’appellent déjà « président ». Patrick ne souhaitant pas le poste, Bernard Evrard accepte de reprendre le flambeau.

Il est alors épaulé par la secrétaire Jeanine Vandoren, le trésorier Marc Genart et les « anciens » comme Philippe Bovy, Yves Petit et Jean-Claude Nolet. Bernard n’est pas un inconnu pour la fête : gamin, il aidait déjà en ramassant l’herbe fauchée dans le pré ou en ôtant les « yeux » des pommes de terre laissés par l’éplucheuse.

Pour le 50ème anniversaire en 1999, le comité frappe fort : spectacle de Marc Herman le vendredi, fête des parents le samedi, bals (limités à deux par le Collège échevinal) et un grand concert pour enfants de Christian Merveille le dimanche. La formule « humoriste » (André Lamy, Didier Boclinville) durera quatre ans avant d’être abandonnée pour des raisons budgétaires.

En 2001, face à l’importance de l’événement et pour des raisons de sponsoring, la Fancy-Fair est rebaptisée « Pentecôte à Bas-Oha ». C’est l’époque où la voix de Patrick Petit, alias « Rouxx », résonne au micro tout au long du week-end.

Les années 2000 sont riches en innovations :

  • 2002 : Lancement des « jeux inter-villages » sur le pré du cimetière par Roland Kerckhofs (le fils d’Omer), Pascal Duchenne, Patrick Stienon et Jean-Luc Jamsin. En 2006, ils réussiront l’exploit de faire jouer les équipes pendant 24 heures !
  • 2003 : Didier Thyse propose la création d’un marché du soir (artisanat et terroir), un succès qui perdure.
  • 2005 : C’est toujours Didier Thyse qui lance le site internet www.bas-oha.be.
  • 2008 : Roland, Pascal et Luc Bergen inventent les « 4h04 min de maudites Charrriott’s », d’incroyables courses d’engins artisanaux.

À cette époque, le comité compte près de 40 membres aux tâches bien définies : Alain Delbouille au bar, Alain Godfroid au barbecue, Vincent Yennis à la friterie, Christine Dethier et Marianne Ledure à la tombola… Une équipe qui met un point d’honneur, pendant les jours de fête, à payer ses consommations au même prix que le public.

En 2014, pour ses 65 ans, la fête a trouvé un bel équilibre : marché du soir, fête des parents, jeux devenus les « bas-ohades », sans oublier les célèbres 4 heures vélos pour enfants. La Bande à Lolo se charge traditionnellement de clôturer les festivités en musique.

Le cap des 70 ans (2019) L’année 2019 marque le 70ème anniversaire. Bernard Evrard a entre-temps pris sa « retraite » après 16 ans de présidence, laissant la place à Marc, Manu, puis Marie-Odile.

Le programme s’est adapté à son temps : les « bas-ohades » ont laissé place à un grand tournoi de pétanque. La Maison des Jeunes (MJBO) s’occupe des animations pour les plus petits, et les 4 heures vélos fêtent leur 15ème édition. Pour marquer le coup de ce 70ème anniversaire, Daddy K enflamme la soirée du samedi, et un cover de Jean-Jacques Goldman clôture le week-end du lundi.

(Historique rédigé sur base des archives et notes originales de feu Monsieur Omer Kerckhofs, complétées par Monsieur Bernard Evrard).